Ligue des champions : "Le football n'a pas été juste avec le Barça"





"C'est un des plus grands moments que j'aie vécus avec ce maillot. Je sais que nous nous sommes retranchés et que les gens veulent voir du beau football, mais réussir ça à dix contre onze pendant cinquante minutes, c'est incroyable." Au micro de Skysports, Frank Lampard a toujours du mal à y croire. Ses Blues viennent d'éliminer le FC barcelone au bout d'une demi-finale au moins aussi épique que celle de 2009, remportée alors par les Catalans sur un but d'Iniesta dans les arrêts de jeu. Chelsea a donc pris sa revanche. Rappelant au passage que le football est aussi un sport de combat, et que sa beauté se dessine parfois avec la sueur des acharnés plutôt qu'avec les éclairs des artistes.

Réduits à dix après l'expulsion de John Terry en première période, menés 2-0 à l'approche de la mi-temps, les hommes de Roberto Di Matteo ont, comme à Londres à l'aller (1-0), réussi le hold-up parfait en concluant leurs seules occasions, par Ramires (45e) puis Torres (90e), comme pour clore chacune des périodes de leur point final. Transfiguré par la compétition, Didier Drogba savourait. "C'est un rêve, mais c'est aussi la réalité, nous voulions absolument aller en finale, la Ligue des champions est une obsession pour toutes les grandes équipes en Europe", a expliqué l'Ivoirien, qui n'a pas oublié de souhaiter "à (José) Mourinho (du Real Madrid), peut-être rendez-vous en finale !"

Arrivé pour secouer les puces d'un groupe endormi sous la direction de Villas-Boas, Roberto Di Matteo connaît lui un début de carrière d'entraîneur pour le moins étonnant. Sans forcément proposer autre chose qu'une organisation défensive de fer et un réalisme à toute épreuve, l'Italien aura mené une équipe jugée moribonde en finale de la Ligue des champions, et sortant Barcelone sans perdre une seule des deux manches. "Cela aura été un match incroyable. (...) Nous avons vécu une saison difficile et pourtant il semblerait que nous sachions à chaque fois trouver les ressources pour braver les éléments, pour nous rebeller", a relevé Di Matteo. "Barcelone reste pour moi la meilleure équipe du monde, ils sont impressionnants. Nous avons joué avec une telle envie de nous voir en finale..."

Pep Guardiola sera certainement honoré de savoir que son homologue considère son Barça comme la référence planétaire, mais la consolation sera bien maigre pour un entraîneur et des joueurs qui viennent presque de découvrir le sens du mot "défaite". Au-dessus de tout depuis 2009 (à part de l'Inter Milan de Mourinho en 2010), les Catalans ont en une semaine chuté en Liga contre le Real et en Ligue des champions contre Chelsea. "Le football, dans ces deux demi-finales, n'a pas été juste avec nous", relevait ainsi Andrés Iniesta. "Nous souffrons de ne pas être en finale. (...) Mais le bilan de la saison est bon si tu as la conscience tranquille et que tu sais que tu as tout donné. Evidemment, on retient surtout les titres, mais c'est la loi du sport."

"Nous avons fait absolument tout ce que nous pouvions ce soir", se défendait Pep Guardiola. "En même temps, il faut dire que nous n'avons pas marqué comme nous aurions dû le faire. Et au foot, si tu ne marques pas suffisamment, tu perds, c'est ainsi. Pour le reste, je considère que nous avons très bien joué, mais que cela n'a pas suffi." Las, le technicien espagnol ne pouvait que commenter l'évidence. "Cela a été un match comme la demi-finale aller à Londres : ils ont extrêmement bien défendu et se sont procuré des contres dangereux. Il faut féliciter en premier lieu Chelsea pour son excellent match défensif, son courage, son abnégation."

Tout en laissant pointer une once de doute. "Je ne sais pas ce que nous avons mal fait ce soir. Peut-être l'un de mes torts est-il de toujours vouloir attaquer à tout va, peut-être devrais-je ménager certains temps de pause où nous temporiserions un peu plus. Mais ce n'est pas notre style de jeu. (...) Pour la suite, on verra à partir de demain avec Tito (Vilanova, entraîneur adjoint) les options que nous prenons pour la fin de saison. Nous parlerons aussi avec le président (...). Et je prendrai ma décision. Il est temps de dire ce que je ferai la saison prochaine", a également ajouté Guardiola, qui n'a toujours pas fait part de ses intentions sur la suite de sa carrière, à Barcelone ou ailleurs.
John Terry est désolé

Le capitaine de Chelsea John Terry s'est excusé auprès de ses coéquipiers après avoir été exclu lors de la demi-finale de la Ligue des champions, mardi à Barcelone. "Je suis déçu (pour moi) mais ravi pour les copains. Venir ici et jouer comme ils l'ont fait et obtenir ce résultat à dix... J'ai l'impression de les avoir laissé tomber. Je me suis excusé auprès d'eux et je veux m'excuser aussi auprès des supporteurs", a dit le défenseur, coupable d'un coup de genou dans le dos de l'attaquant du Barça Alexis Sanchez à la 37e minute. "J'ai vu le ralenti et ce n'est pas joli", a-t-il admis. "Je ne suis pas le genre de joueur qui fait mal intentionnellement. J'ai levé le genou, ce que je n'aurais peut-être pas du faire, quand j'y pense. J'espère que les gens qui me connaissent comme personne et comme joueur (savent) que je ne suis pas ce genre de joueur", a déclaré Terry. "Sur le moment, j'ai été un peu perplexe, mais en voyant le ralenti, je ne peux pas me plaindre. J'ai laissé tomber les copains. Ils ont été brillants et j'espère que (mon geste) n'enlèvera rien à ce qu'ils ont fait. Nous méritons d'être en finale", a dit l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre. Terry sera suspendu pour la finale contre le Real Madrid ou le Bayern Munich.