Le Paris SG lance un SOS

Après le lynchage d'un homme dimanche soir aux abords du Parc des Princes, le président du Paris SG, Robin Leproux, a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre les risques de violences. A l'extérieur du stade, le dirigeant a rejeté la responsabilité sur les pouvoirs publics qui ont réagi mardi soir, à l'image du ministère de l'Intérieur.

Le Paris SG coule, qu'on lui envoie une bouée. C'est en substance le message lancé par Robin Leproux, président du club parisien, à l'adresse des pouvoirs publics lundi midi dans une conférence de presse. Concentrant ses propos sur la situation extra-sportive du club après les dramatiques affrontements autour du Parc des Princes dimanche, le dirigeant a tapé du poing sur la table : sans une action forte des politiques, le Paris SG ne pourra pas résoudre le problème de la violence seul. Robin Leproux attendait donc avec beaucoup d'impatience la réunion programmée mardi soir au Ministère de l'Intérieur. Le président parisien a été entendu et des mesures seront mises en place dès le déplacement à Lens samedi prochain. Le Ministère a annoncé qu'un « dispositif très renforcé de sécurité sera mis en place avec l'apport de plusieurs unités de forces mobiles, ainsi que la surveillance des axes routiers et ferroviaires», ajoutant même que le préfet du Pas-de-Calais devra «prendre une mesure d'interdiction adaptée de circulation et de rassemblement à l'égard de supporters parisiens qui souhaiteraient malgré tout accéder au stade». La tribune réservée aux supporters parisiens sera donc fermée à Félix-Bollaert samedi soir. Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a ordonné aux préfets «de faire application immédiate des dispositions nouvelles prévues par la «loi sur les bande », qui sera publiée au journal officiel du 3 mars 2010». Ainsi «les interdictions administratives dont la durée maximale peut désormais être de six mois est portée à 12 mois en cas de récidive, assorties de peines d'emprisonnement en cas de non-respect» de la mesure. Mercredi, le président du club parisien sera également reçu à la Préfecture de Police.

Le Paris SG prend trois mesures fortes
Le président du Paris SG n'a pas fui ses responsabilités concernant la sécurité au sein même du Parc des Princes. De ce côté-là, son bilan et celui de ses récents prédécesseurs est solide : «On ne peut pas mieux faire à ce sujet. On ne peut pas et on ne doit pas se transformer en dehors du stade en policier», s'est défendu Leproux. Il n'y a effectivement plus de violence dans le stade. L'action des stewards, la fouille systématique des spectateurs, la mise en place des caméras de sécurité ont globalement porté leurs fruits. Et pourtant, Leproux, a annoncé une batterie de nouvelles mesures. Jusqu'à nouvel ordre, le club ne vendra plus de billets lorsque l'équipe se déplacera. Une décision jugée «lourde et grave dans l'histoire du club et qui me chagrine». Le Paris SG, déjà sous le coup d'un match à huis clos partiel et un avec sursis, ne fera pas appel dans l'hypothèse d'une condamnation d'un match à huis clos. Or la Ligue va examiner plusieurs faits car dimanche, deux supporters de la tribune Boulogne, vite maîtrisés, ont tenté d'envahir la pelouse et des fumigènes ont été lancés. «Nous devons assumer l'image que nous donnons», a justifié le dirigeant. Enfin, le Paris SG va fermer les locaux mis à la disposition des associations de supporters car «tout cela n'a plus de sens.»

Leproux : «On a assisté à un lynchage»
Le ton grave, visiblement ému, Robin Leproux est aussi revenu sur la situation de l'homme de 38 ans, toujours dans un état critique à l'hôpital Beaujon à Clichy après les règlements de comptes entre supporters parisiens dimanche soir. «On a assisté à une scène de lynchage. Il y a un homme entre la vie et la mort. Rendez-vous compte de quoi on parle : de mort d'hommes ! Je ne veux rien caricaturer, juste parler de ce problème de manière sérieuse. Et sans récupération d'ordre politique s'il vous plait.» Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Sports, qui attendait «des mesures concrètes» et promis que ces «comportements sauvages ne resteraient pas impunis», aura entendu la réponse et l'appel fort d'un président de club en colère. Il faut l'espérer car cette gangrène propre au PSG gagne du terrain depuis des années. Et ce malgré les déclarations toujours pleines de bonnes intentions des ministres qui se sont emparés du dossier sans jamais le régler une bonne fois pour toutes.