24 Bleus mettent le cap sur Tignes et le Mondial

Le verdict est tombé. Comme promis, Raymond Domenech a communiqué, lundi en fin de matinée, via le site internet de la Fédération, le nom des 24 élus (23 plus Marc Planus, appelé en réserve au cas où William Gallas ne se remettrait pas de sa blessure au mollet) pour le premier stage de préparation à la Coupe du monde, qui débute mardi à Tignes. Squillaci, qui dispute la Coupe du roi avec le Séville mercredi, ne rejoindra le groupe que jeudi. Ribéry, dont l'appel sur sa suspension pour la finale de la Ligue des champions a été rejeté par le TAS, devrait arriver à Tignes dès mardi soir. Le Boulonnais quittera néanmoins la station savoyarde, samedi, pour assister en tribunes au choc entre le Bayern et l'Inter.

Pour les six recalés (Fanni, Rami, Mvila, Briand, Landreau et Ben Arfa), qui avaient légitimement cru en leurs chances en découvrant leur nom mardi dernier lorsque Domenech divulgua une liste élargie de 30 joueurs, le verdict s'apparente à un déchirement. Si l'on admet que le sélectionneur se soit ménagé des solutions de rechange afin de pallier d'éventuelles blessures le week-end dernier, on comprend mal le nouveau mauvais tour qu'il vient de jouer à Landreau et à Ben Arfa, déjà débarqués dans des conditions similaires lors de la préparation à l'Euro 2008.

Semblant de cohésion collective

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Valbuena est récompensé de sa belle fin de saison avec l'OM en montant in extremis dans le train bleu. Son profil accrocheur, sa fraîcheur et sa spontanéité ont sans doute rappelé à Domenech le bon coup qu'il avait réalisé en intégrant Ribéry au groupe France en 2006. Autre surprise, Réveillère a sans doute été préféré à Fanni en raison son expérience des matchs de Ligue des champions avec l'OL et de sa capacité à évoluer à droite ou à gauche de la défense. Pour Planus, dont le voyage en Afrique dépend de la condition physique de Gallas, la sélection tient quasiment du miracle.

Pour que l'aventure sud-africaine ne tourne pas au cauchemar, les 24 sélectionnés doivent trouver un semblant de cohésion collective dans les plus brefs délais. Une semaine de stage de régénération en haute montagne pour recharger les batteries après une saison harassante et faire émerger, à «vitesse grand V», l'esprit de corps indispensable aux belles aventures humaines et sportives. Avec, comme premier examen de passage, la rencontre amicale contre le Costa Rica, le 26 mai à Lens. Une prestation encourageante serait bienvenue avant de plier définitivement bagage le 27 juin. Et ensuite parfaire sa préparation en Tunisie (27-31 mai) puis à la Réunion (1er-4 juin) afin de prendre ses quartiers dans le camp de base de Knysna avec une confiance retrouvée.

Les incertitudes

Un scénario du meilleur un brin hypothétique au regard des deux années de galère dont sort l'équipe de France. Dans l'opinion publique, les perspectives d'une Berezina mémorable enténèbrent largement l'horizon sud-africain. Les incertitudes planant sur la compétitivité de certains cadres, à commencer par le capitaine, Thierry Henry, contribuent largement à nourrir les doutes sur les capacités de l'équipe de France à tenir son rang de vice-championne du monde sur le sol africain. Et entre la fébrilité d'une défense centrale, chamboulée au gré des blessures à répétition de Gallas et d'Abidal, l'absence de maîtrise au milieu, en raison de la saison en demi-teinte de Lassana Diarra, de Ribéry et de Gourcuff, et le manque de poids offensif, malgré la présence de joueurs de la trempe d'Henry ou d'Anelka, le chantier est immense. Pour Raymond Domenech et son staff, la course contre la montre est déjà lancée. Première indication, le 11 juin au Cap face à l'Uruguay.