Primaires aux Etats-Unis : Jeb Bush veut être le candidat de la croissance

Un nouveau Bush a déclaré sa candidature à l’investiture républicaine pour une élection présidentielle, lundi 15 juin. C’est en Floride, son Etat d’adoption, que Jeb Bush a fait le premier pas vers une fonction déjà exercée avant lui par son père, George H. W. Bush, et son frère, George W. Bush.

M. Bush a annoncé son intention de briguer l’investiture républicaine en attaquant avec virulence le bilan du président Barack Obama. « Notre prospérité et notre sécurité sont en jeu », a-t-il assuré moquant le programme de la favorite du camp démocrate, Hillary Clinton (« le même agenda sous un autre nom »), « l’Amérique mérite mieux », a-t-il ajouté, dénonçant une réglementation envahissante ainsi que le poids jugé excessif de la fiscalité, conformément à la doxa républicaine.

4 % de croissance comme objectif

Mais M. Bush a également visé sans les nommer certains de ses adversaires républicains, à commencer par les sénateurs Marco Rubio (Floride), Rand Paul (Kentucky) ou Ted Cruz (Texas), en opposant à leur présence à Washington son action comme gouverneur, de 1998 à 2006. « Je sais que je peux régler les problèmes parce que je l’ai fait ici », a-t-il assuré avant de décliner son bilan en matière de création d’emploi, d’assouplissement de la fiscalité, ou dans l’éducation. M. Bush a rappelé l’objectif ambitieux qu’il s’est fixé : celui de parvenir à une croissance annuelle de 4 % par an pour les États-Unis, gage de création de millions d’emplois.

L’ancien gouverneur de Floride, qui s’était rendu les jours précédents dans trois pays européens, dont l’Allemagne, à l’occasion d’une visite qui lui avait permis de mettre en avant sa connaissance des dossiers, n’a pas épargné la politique étrangère de M. Obama. Il a déploré « la série de crises inachevée » laissée par « l’équipe Obama-Clinton-Kerry », et rendu hommage au « brave Etat démocratique d’Israël » négligé selon lui par la Maison Blanche. Alors que Washington et La Havane ont spectaculairement renoué leurs relations diplomatiques en décembre et que la Floride compte une importante population de réfugiés cubains, M. Bush a indiqué que s’il se rendait un jour en tant que président à Cuba cela serait « pour se tenir aux côtés » des dissidents.

Affaibli par la maladie, George H. W. Bush, 91 ans, n’a pas pu assister à la déclaration de candidature de son fils lundi 15 juin. La mère de ce dernier, Barbara, l’une des figures les plus populaires du clan était en revanche bien présente en Floride aux côtés de sa belle-fille, Columba. Jeb Bush leur a rendu des hommages vibrants avant de s’adresser à son auditoire pendant quelques minutes en espagnol, langue qu’il maîtrise parfaitement. L’électorat latino auquel il s'est alors adressé se méfie des républicains compte tenu de leurs positions particulièrement strictes sur l’immigration.
Onze candidats républicains

Régulièrement présenté par ses adversaires comme un héritier, M. Bush a assuré qu’il était déterminé à gagner chaque voix. « Ce n’est le tour de personne, c’est un test pour chacun, telle que doit être une campagne », a-t-il assuré. Pour contrer ces accusations, l’ancien gouverneur de Floride a d’ailleurs choisi de reprendre le logo de ses campagnes passées en Floride qui se limite à son prénom accompagné d’un point d’exclamation.

M. Bush avait fait part le premier de son intérêt pour l’élection présidentielle de 2016, en décembre. Il a retardé au maximum sa déclaration de candidature pour éviter ses contraintes légales, notamment en matière d’utilisation de fonds. L’ancien gouverneur de Floride est donc le onzième à s’engager dans une course à l’investiture particulièrement disputée. Il ne devrait pas être le dernier : le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, celui de Louisiane, Bobby Jindal, celui d’un Etat-clef, l’Ohio, John Kasich, et enfin celui du New Jersey, Christ Christie, pourraient également se déclarer.

Cette offre pléthorique n’est pas forcément un handicap pour M. Bush. Considéré comme trop centriste par une partie de l’aile droite républicaine (à laquelle il a tenté de répondre lundi en mettant en avant son bilan de parfait gouverneur conservateur), il peut en effet tirer profit de la division de ce courant, courtisé par de nombreux candidats, du neurochirurgien Ben Carson au sénateur Ted Cruz en passant par l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mick Huckabee. M. Bush campe d’ailleurs pour l’instant parmi les favoris dans les intentions de vote, au coude à coude avec Marco Rubio et Scott Walker.