A Strasbourg, le football revit en mode start-up



Porté par son public et un président providentiel, le vieux Racing retrouve des ailes.

Proverbe alsacien : « Ce n’est que quand l’arbre est tombé qu’on peut voir sa hauteur. » Un dicton sur mesure pour illustrer le cas du Racing Club de Strasbourg (RCS), élément patrimonial du sport régional depuis plus de cent ans, tombé de toute sa hauteur au cinquième niveau du football national avant de retrouver l’élite cette saison.

« Je savais que le Racing reviendrait, car une institution ne peut pas disparaître », avance Léonard Specht, lui-même institution du club, ex-joueur, entraîneur et éphémère président (deux mois), aujourd’hui à la tête de l’association des anciens du RCS. A 64 ans, l’ancien défenseur international ne se départ pas de son grand sourire : « Cette équipe fait plaisir à voir. »
Ambiance de start-up

Une ambiance de start-up règne dans les bureaux du club, dont on n’arrête pas de repousser les cloisons pour gagner de la place. « Tu sens qu’il se passe quelque chose », confie Thierry Hubac, qui a pris en charge la communication du club il y a six mois. Une douce euphorie renforcée par la très honorable onzième place occupée à la trêve.

La première partie de saison a été marquée par une invraisemblable victoire face au Paris Saint-Germain, la seule défaite du leader en L1. « C’est clair, après ce match, les gens nous ont regardés différemment », raconte Kader Mangane, le capitaine et défenseur du RCS. « Ce match, c’était un truc inimaginable qui nous a donné des ailes », confesse le milieu de terrain Jérémy Grimm.

Depuis, les Alsaciens volent, portés par un public chaud bouillant – 24 100 spectateurs en moyenne pour un stade d’une capacité de 26 000 (deuxième taux de remplissage de L1 après le PSG), bruyants comme 50 000. « Je ne veux pas casser l’ambiance, mais si on a battu Paris et qu’on descend en Ligue 2, on passera pour des cons », tempère l’entraîneur Thierry Laurey.

Le Monde