En Floride, Trump, pris à partie, accuse le FBI de n’avoir pas su empêcher la tuerie



Une survivante du massacre, lors d’un rassemblement samedi soir, a dénoncé avec force les liens du président états-unien avec la NRA, le lobby des armes.

Donald Trump repasse à l’offensive. Accusé samedi par des lycéens de ne pas en faire assez sur le contrôle des armes à feu après la tuerie dans leur établissement scolaire, le président américain a répliqué, dimanche 18 février. Et s’en est pris à son meilleur ennemi du moment : le FBI.

Le massacre de 17 personnes dans un lycée de Floride, mercredi 14 février, a fourni l’occasion au président des Etats-Unis de s’attaquer à nouveau à la police fédérale. M. Trump a accusé cette dernière de n’avoir pas su empêcher cette tuerie, jugeant qu’elle passait « trop de temps » à enquêter sur les interférences russes dans l’élection de 2016.

« Vraiment dommage que le FBI ait manqué tous les signaux envoyés par le tireur de l’école de Floride. Ce n’est pas acceptable », a tweeté le président américain. « Ils passent trop de temps à essayer de prouver la collusion russe avec la campagne Trump. Il n’y a pas de collusion. Revenez-en aux bases et rendez-nous tous fiers de vous ! », a-t-il ajouté.

Fortes critiques

Dénonçant les commissions, enquêtes et « haine entre partis » provoqués par l’affaire russe, Donald Trump a également affirmé dimanche que Moscou avait « réussi au-delà de ses rêves les plus fous » si son intention était bien de « semer la discorde, le désordre et le chaos aux Etats-Unis ». « Ils sont morts de rire à Moscou. Réveille-toi l’Amérique ! » a poursuivi le président américain au petit matin dans une nouvelle salve de tweets.

Il est vrai que le rôle du FBI dans la fusillade de Floride fait polémique, alors qu’une grave défaillance dans le travail de la police fédérale a été mise en lumière. Ce que la police a d’ailleurs reconnu. Elle a expliqué avoir reçu en janvier un appel d’un proche du tueur de 19 ans, Nikolas Cruz, alarmé par son comportement déviant et ses intentions meurtrières, mais sans donner suite à ce signalement.

La police locale était elle aussi alertée sur la dangerosité de Cruz, a affirmé CNN. Sa mère adoptive, morte en novembre 2017, « avait plusieurs fois demandé à la police de venir chez elle pour l’aider à faire face à ses accès de violence, à ses menaces et à son comportement autodestructeur ».

Mais la charge de M. Trump contre le FBI survient alors qu’il fait face à de fortes critiques. Certains lui reprochent de ne rien faire sur le contrôle des armes. D’autres l’accusent d’entretenir des liens avec la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu aux Etats-Unis.

« Honte à vous ! »

Lors d’un rassemblement samedi soir à Fort Lauderdale, en Floride, une survivante du massacre a dénoncé avec force les liens du président avec la NRA. « A tous les hommes politiques ayant reçu des dons de la NRA, honte à vous ! », a crié Emma Gonzalez, après avoir fustigé M. Trump pour avoir reçu le soutien financier du puissant groupe pendant la campagne présidentielle de 2016. « Honte à vous ! », a repris en chœur la foule.

« Si le président me dit en face que c’était une terrible tragédie (…) et qu’on ne peut rien y faire, je lui demanderai combien il a touché de la National Rifle Association. Je le sais : 30 millions de dollars », a dit rageusement la jeune fille de 18 ans aux cheveux rasés. « C’est ce que valent ces gens pour vous, M. Trump ? », a-t-elle lancé en comparant cette somme au nombre de victimes des fusillades qui ont ensanglanté le pays depuis le début de l’année.

Nikolas Cruz était suivi psychologiquement pour des problèmes de comportement mais il a profité d’une législation laxiste en Floride pour acheter légalement son arme l’année dernière. Au lendemain de la fusillade, M. Trump avait essentiellement insisté sur les problèmes mentaux du tueur, ne disant rien sur le droit de posséder une arme garanti par le deuxième amendement de la Constitution, ni sur les armes semi-automatiques comme l’AR-15 utilisé par le tireur.

Le Monde