Dans le Calvados, la solidarité s’organise envers les migrants



Associations et habitants se mobilisent face au maire de Ouistreham qui refuse d’ouvrir un centre d’accueil.

Dans une des salles paroissiales d’Ouistreham (Calvados), l’une des cinq plages du Débarquement en 1944, une vingtaine de bénévoles des Restos du cœur préparent de petits sacs blancs. Leur contenu ? Boîtes de sardines, de thon, fruits secs, gâteaux… distribués, à quelque 150 migrants, en ce mardi de fin février.

Par petits groupes, de Soudanais pour la plupart, ils arpentent désespérément les rues du port du Calvados en quête d’un seul rêve : gagner l’Angleterre en grimpant clandestinement à bord d’un camion. La ligne de ferry Ouistreham-Portsmouth est la seule porte de leur espoir. « En décembre, certains ont réussi à passer. Encore lundi, il y en a eu », assure Ahmad, dans un mauvais anglais, tout en récupérant un sac, un bol de lentilles-carottes et un café.

Sur les bords du canal de Caen à la mer, « tout se passe bien, ils sont respectueux », constate Denis Cambon, un des responsables des Restos du cœur dans le Calvados. Un peu à l’écart, des gendarmes surveillent. Au fil du temps, la distribution quotidienne des repas s’est organisée entre associations, collectifs et particuliers.
« CAMO-dodo, CAMO-coiffure, CAMO-santé »

Plus durs que les jours, sont les nuits. D’autant que le maire (Les Républicains) d’Ouistreham, Romain Bail, refuse catégoriquement d’ouvrir un centre d’accueil, craignant « un appel d’air ». La solidarité des Ouistrehamais s’est donc puissamment organisée. Une cinquantaine de familles accueillent des migrants pour dormir. Les femmes sont en première ligne.
« Chez ma mère, j’en place cinq ou six !, sourit François, un des fondateurs du Collectif d’aide aux migrants d’Ouistreham (CAMO). Créé en septembre 2017, lors de l’arrivée des premiers migrants, ce collectif compte désormais des centaines de bénévoles avec CAMO-dodo, CAMO-coiffure, CAMO-santé… Un élan exceptionnel. »

Le Monde