Renault-Nissan : des centaines de milliers de moteurs potentiellement défectueux en Europe



Le moteur essence 1,2 litre de certains best-sellers des marques Renault, Dacia et Nissan connaît des défaillances en série.

Francis* est le patron d’une PME automobile dont l’activité consiste à transformer des véhicules et leurs moteurs. Et il n’en revient toujours pas : « Je n’ai jamais vu cela en dix ans : 100 % de cas d’usure prématurée, des taux de casse énormes, dès qu’on approche des 60 000 kilomètres. Et, pour moi, un vrai préjudice, parce que mes clients me mettent en cause alors que le problème vient du moteur d’origine. »

Le cauchemar de Francis porte un nom. Et même un nom de code : H5FT. Il s’agit d’un moteur à essence très courant de 1,2 litre de cylindrée, appelé chez Renault et Dacia 1.2 TCe et, chez Nissan, 1.2 DIG-T. Or, ce moteur, fabriqué dans l’usine Renault de Valladolid (Espagne) entre 2012 et 2016 (norme Euro 5), présente un défaut de conception entraînant, dans certains cas (en particulier lors de la conduite en zone urbaine), une surconsommation d’huile et un risque élevé de défaillance, pouvant aller jusqu’à la casse brutale.

Francis n’est d’ailleurs pas le seul à l’avoir constaté. Plusieurs professionnels de la réparation, garagistes indépendants ou anciens mécaniciens Renault que Le Monde a interrogés confirment la réalité du défaut.

L’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir a, en tout cas, trouvé la situation suffisamment alarmante pour qu’elle choisisse, vendredi 24 mai, d’alerter les clients des marques Renault, Nissan, Dacia et Mercedes équipés dudit moteur et décide de mettre solennellement en demeure les constructeurs de remédier à l’anomalie.

Le Monde