Après le Brexit, la libre circulation des travailleurs et des marchandises prendra fin en 2021



Le retour des contrôles aux frontières est la conséquence de la sortie du Royaume-Uni du marché intérieur après la période de transition.
Le 31 décembre 2020, à la fin de la période de transition du Brexit, le Royaume-Uni quittera le marché unique européen, onze mois après avoir quitté l’Union. « Nos règles ne seront pas alignées [avec celles de l’UE], nous ne serons pas dans le marché unique et nous ne serons pas dans l’union douanière », a expliqué, le 17 janvier au Financial Times, Sajid Javid, le chancelier de l’Echiquier chargé des finances.

Cette décision est politiquement logique : à quoi bon sortir de l’UE, vendredi 31 janvier, si c’est pour continuer à en suivre les règles à terme ? Mais économiquement, cela change tout. Cela signifie que, même en cas d’accord de libre-échange entre Londres et Bruxelles – alors que les négociations s’annoncent compliquées dans les prochains mois –, il y aura des vérifications aux frontières pour les marchandises britanniques exportées vers les Vingt-Sept (et inversement). Les contrôles s’effectueront dès la fin de la période de transition, c’est-à-dire à partir du 1er janvier 2021. Cette date peut théoriquement être repoussée mais Boris Johnson, le premier ministre, a exclu de le faire.

Comme avec la Suisse – qui est dans le marché unique mais pas dans l’union douanière – les vérifications physiques des camions seront peu nombreuses : sans doute autour de 3 à 4 % des véhicules. En revanche, chaque poids lourd ou conteneur devra avoir rempli les formalités nécessaires : déclaration d’exportation côté britannique, déclaration d’importation côté européen, déclaration des « règles d’origine » aussi. Ces dernières sont assez compliquées et coûteuses à mettre en œuvre. Elles permettent de vérifier si une marchandise peut officiellement être qualifiée de « britannique » (afin d’éviter, par exemple, qu’une voiture fabriquée aux Etats-Unis à laquelle on ajouterait juste les rétroviseurs au Royaume-Uni soit assimilée au « made in Britain ».)

Le Monde