Coronavirus : en Afrique du Sud, la peur des uniformes au premier jour de confinement



Les courbes de contamination sont telles dans le pays que l’évolution de l’épidémie sera fonction de la réaction de la nation aux mesures strictes décidées par le gouvernement.

Sur la route de Tembisa non plus, il n’y a vraiment plus personne. Grand macadam vide, voitures rares oubliant d’instinct les limitations de vitesse. Juste elles, deux femmes qui lèvent le pouce depuis des heures, tirées à quatre épingles, espérant qu’un conducteur solitaire freine sur le bas-côté et les arrache à ce bout de fausse campagne stérile, entre zones industrielles, townships, anciens terrils et friches, situé à l’est de Johannesburg, capitale économique de l’Afrique du Sud mais aussi « cluster » de l’épidémie de Covid-19.

Quelques heures plus tôt, à la première heure du vendredi 27 mars, le pays et ses 57 millions d’habitants ont entamé trois semaines de confinement.

Comme pour appuyer la nécessité de la mesure destinée à arrêter l’envolée du nombre de cas, le chiffre des personnes infectées dans le pays a passé la barre des mille (1 170 recensés en fin de journée), et enregistré le premier décès attribuable au coronavirus.

Le 15 mars, le président, Cyril Ramaphosa, avait annoncé le danger à venir, et la nécessité de confiner la nation, une opération jugée jusqu’ici irréalisable. L’accélération des événements et la forme inquiétante des courbes de contamination sont telles que désormais, l’évolution de l’épidémie va être fonction de la réaction de la nation.

Le Monde